Publiée le 24 mars 2026
L’ASB a publié jeudi dernier l’étude commanditée à la Haute école de Lucerne sur la mise en œuvre des directives ESG dans la gestion de fortune. Cette étude a été menée auprès de 89 banques actives dans la gestion de fortune et le conseil en investissement.
Priorité stratégique pour les grands acteurs
L’étude relève que la notion de durabilité au niveau des produits financiers est une priorité stratégique pour plus de la moitié des grandes banques. Des solutions dites ESG ont été établies par ces dernières et prennent le pas sur les produits traditionnels dans les propositions de placement. Les banques de petite et moyenne taille sont quant à elles moins impliquées dans cette orientation stratégique. L’étude évoque que ceci est notamment du à des différences de structure, de modèle d’affaire et de ressources entre les petits et les grands établissements.
Le facteur humain comme levier principal
L’étude identifie l’importance déterminante des conseillers à la clientèle dans ce processus. Cette conclusion nous semble particulièrement pertinente, dans la mesure où la durabilité dans la finance est un thème hautement technique et complexe. L’offre en la matière est particulièrement vaste, et les impacts réels des produits dits ‘ESG’ fortement variables et difficiles à évaluer. Ainsi, la première ligne de défense contre le risque de greenwashing est le conseiller à la clientèle.
A ce sujet justement, l’étude relève que la formation de ces derniers est un défi de taille pour la place financière. 79% des établissements interrogés estiment que la formation de leur personnel est une tâche « ardue ».
La complexité du reporting
Le second défi évoqué par les établissements interrogés est le reporting en matière de durabilité, en raison de l’absence de normes uniformes sur la question. Nous partageons également cette conclusion, dans la mesure où le reporting ESG ne dispose pas, contrairement au reporting traditionnel (évaluations de portefeuille), de critères minimaux, communs et partagés par toutes les banques : le reporting financier se base sur des données chiffrées consensuelles et dont la méthode de calcul ne prête pas au débat (performance, valorisation, concentration). Il n’en va pas de même pour le reporting en matière de durabilité. La possibilité de comparaison entre les données de divers établissements bancaires est donc particulièrement complexe, et le risque de greenwashing s’en trouve également augmenté.