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Entretien avec Lisa Desjardins, co-fondatrice de CLARITIS.

Publié le 28 oct 2021 sur allnews.ch.

Lisa Desjardins, Claritis, une jeune société spécialisée dans le risque et la compliance
Lisa Desjardins, co-fondatrice de CLARITIS

Nul n’est censé ignorer la loi. Mais les obligations induites par les réglementations financières suisses LBA, LEFin, LSFin, LIMF, LPCC– mais aussi internationales avec UCITS, GDPR, MIFID II – sont devenues un casse-tête pour les acteurs financiers qui seront, par ailleurs, bientôt tous assujettis à la Finma. Selon Claritis, une jeune société spécialisée dans le risque et la compliance au service d’établissements financiers de la Place, l’enjeu est de traduire l’arsenal réglementaire en des processus simples.

Au bénéfice d’une longue expérience dans le domaine financier, vous avez co-fondé Claritis en mars de cette année. Qui sont vos clients et pour quelles raisons viennent-ils vous voir?

Nous travaillons surtout avec des petites et moyennes entreprises, car les grandes sociétés disposent généralement de leur propre fonction risque et compliance. Ce sont typiquement des gérants de fonds de placement – des gestionnaires de fortune collective au sens de la loi -, des gestionnaires de fortune et trustees, mais aussi des petites banques. Avec l’arrivée de la réglementation LSFin et LEFin, ils vont devoir s’organiser pour se mettre en conformité avec la loi qui vise à mettre tous les établissements financiers sur un pied d’égalité car jusqu’à présent les gérants de fortune n’étaient pas régulés par la Finma. Très proche du MIFID européen, la LSFin impose aux établissements de documenter bon nombre de nouveaux contrôles sur les services financiers qu’ils fournissent.

Des banques figurent parmi vos clients. N’est-il pas étonnant des les voir externaliser leur compliance?

Je ne connais pas de banque qui externalise entièrement cette fonction car les grands établissements conservent l’expertise en interne. Mais dans certains cas, les banques ont besoin d’une ressource spécialisée pour traiter un aspect particulier de la compliance. Les plus grands établissements ont presque toujours plusieurs compliance officers à plein temps. L’outsourcing devient intéressant pour les établissements plus petits qui n’ont pas forcément de telles ressources. Il leur est plus avantageux d’avoir accès à un ensemble de spécialistes pour des besoins ponctuels.

Quels sont les enjeux des PME avec lesquels vous travaillez?

Le grand enjeu des petits établissements est de traduire l’arsenal réglementaire dans des processus qui ont du sens pour eux. D’un côté, nous avons des lois financières a priori peu centrées sur les affaires des acteurs financiers. De l’autre, des entrepreneurs avec des objectifs de PME qui doivent intégrer ces lois à leurs processus. Cela peut être déroutant. Mais la Finma et les entreprises financières ont tout de même des objectifs communs: elles souhaitent toutes deux gérer leurs risques, notamment réputationnel, et maintenir des relations saines avec la clientèle. Notre rôle auprès de ces petits établissements est de donner du sens à ces lois tout en restant pragmatique.

La gestion des risques est un domaine très vaste, mais quels seraient les plus grands risques encourus par les banques?

Au niveau de la compliance, le principal danger est d’enfreindre une règle sans s’en apercevoir du fait de la complexité réglementaire, tant au niveau suisse qu’international. En ce qui concerne les risques opérationnels, les cyber-risques occupent ces-derniers temps le devant de la scène.

On entend souvent que l’humain est la plus grande faille, c’est exact?

Lors de la mise en place d’un dispositif de gestion des risques, la faille humaine reste effectivement l’enjeu crucial. Le diable est dans les détails et même avec le meilleur des dispositifs, si les réflexes des employés de la société ne suivent pas, le système de contrôle ne sera pas pleinement efficace. D’où l’importance que les employés perçoivent que les contrôles en place ont du sens et ne sont pas déconnectés de leur réalité.